Osez changer d'idée.

Osez changer le monde.

Le miroir de Charlie.

Le miroir de Charlie.

Il est difficile de croire qu’au 21e siècle certains d’entre nous choisissent de justifier des actes de violence innommable au nom de Dieu. Pourtant en observant l’histoire de notre humanité, cette propension à se prendre pour Dieu ou pour un dieu n’est pas récente, ni moderne disons. De tout temps, l’humanité a traversé des périodes noires de barbarisme et de violence morale. Encore aujourd’hui.

À l’époque féodale par exemple, les royautés et seigneurs s’octroyaient les pouvoirs d’une autorité divine absolue, ils s’autorisaient à tuer au nom de Dieu, en fait les plus fanatiques se disaient même d’origine divine. Ce pouvoir se transmettait par le sang via une lignée généalogique patriarcale; cette stratégie préservait le pouvoir et la richesse au sein de certaines familles seulement. Du Vatican à la noblesse, ce modèle hiérarchique omettait les droits les plus fondamentaux de tous les autres humains, considérés beaucoup plus comme des esclaves que comme des pairs, voire des humains.

Un autre exemple, durant la grande réforme en Europe, la religion du Vatican encourageait la dénonciation des hommes et des femmes soupçonnés de pécher par leurs intentions; l’Église les pourchassait, les condamnait et les châtiait. La promiscuité des désirs étaient interdites. La volonté de contrôle absolue de cette institution ne se limitait pas aux actes, elle incriminait une pensée, un doute.

Ce ne sont que deux exemples un peu moins récents parmi une liste exhaustive de violence perpétrée par des humains envers des humains au nom d’une religion ou d’une autre.  Personne sur cette planète naît à l’abri d’une telle aliénation, d’une telle violence morale.

Je me demande d’ailleurs pourquoi malgré plus de 35 000 ans de civilisation humaine connue, nous nous accrochons à une conception culturelle de Dieu plutôt qu’à une spiritualité universelle créatrice et bienveillante. De l’intérieur, nous sommes tous semblables et identiques même en tenant compte de nos pratiques culturelles, de nos magnifiques différences, de nos étonnantes visions du monde.

Je me demande comment la coopération est devenue un acte obsolète? Comment en sommes-nous arrivés à oublier notre unité ? Notre engagement à l’égard de la vie? Comment en sommes-nous arrivés à croire que nous sommes tous si différents les uns des autres?

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Voilà, je vais répéter des évidences que nous choisissons de dénier principalement parce que notre motivation est tout autre que celle d’établir une paix durable, une paix  irréversible en tant que mode de vie principale.

Notre unité dépend de notre capacité d’acceptation des autres dans notre imaginaire, plus précisément notre existence ne se déroule pratiquement jamais selon nos prévisions.  En réalité nous contrôlons nos intentions, nos émotions et ce que nous décidons d’en faire, c’est à peu près tout.

La violence n’est pas un élément génétique héréditaire. La violence utilisée en tant que mode de communication résulte toujours en des conflits funestes beaucoup plus graves que la discorde ou la mésentente de départ. Les agressions morales sont une forme de violence. L’agressivité passive est une forme de violence. Une attitude belligérante est déjà une forme de violence.

Tenir compte des limitations des autres est une marque de respect. Le respect, la compassion, l’empathie et la bienveillance sont des valeurs essentielles à notre compréhension de soi et de l’autre. Ces valeurs atténuent notre jugement des autres et nous donnent à reconnaître nos similitudes. La vue de nos similitudes enclenche la possibilité d’un dialogue, d’une conversation à propos de notre incompréhension.

Nous savons tout ça. Le miroir de la tragédie Charlie reflète nos croyances, notre manque de courage et d’audace à agir autrement. Risquer la paix. Il est absolument impératif d’agir conséquemment.  Les guerres, la famine, l’environnement, les frontières fermées, la colonisation, le non respect des cultures et la confrontation sous toutes ses formes nous mènent nulle part.   Nous avons déjà essayé toutes ces méthodes et elles ne fonctionnent pas. Nous tournons en rond.

La pacification armée est un paradoxe dépourvu d’efficacité parce qu’elle engendre la peur et une atmosphère de reproches, de blâmes, de suspicions et de mensonges. Nous le savons.  En se fondant sur l’expérience de la Commission de la vérité et de la réconciliation en Afrique du Sud nous savons qu’une grande Réconciliation universelle est possible, dès que nous aurons reconnu nos défaillances, nos échecs, nos succès et nos torts. Nous devons choisir la vérité et cesser de jouir des faiblesses des uns et des vulnérabilités des autres. Le pardon exige de l’honnêteté, du courage et de la bravoure quotidienne pour tout le monde. Je dirais même que nous avons besoin de mettre une bonne dose de bienveillance dans nos actions.

Au 21e siècle, nous devons décider de coopérer et résoudre nos conflits intérieurs et culturels. Nous avons peur d’être blâmés, reconnus, vus, entendus, jugés, mal interprétés, diffamés; mine de rien, de temps à autre, nous nous sentons honteux de baisser les yeux, de tourner le regard, de faire semblant que tout ceci ne nous concerne pas. Nous perpétuons une illusion de séparation et d’isolement comme une mauvaise névrose inguérissable,  comme si le miroir reflétait l’image d’une autre personne, comme si nous étions atteints d’une impuissance chronique, comme s’il nous était impossible de changer d’idée à propos de nous et des autres . Comme s’il s’agissait d’une fatalité.

Osez la paix. Osez pardonner.

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Osez jaser