Osez changer d'idée.

Osez changer le monde.

L’antidote de la méfiance

L’antidote de la méfiance

Hier en marchant dans la rue, une femme a lancé vers moi un regard sombre. Son visage injuriait quiconque osait la regarder. Elle était peut-être angoissée,  en colère de tristesse, elle était peut-être en deuil. Je ne connaîtrai probablement jamais son histoire.

Nos regards se sont rencontrés, nos corps se sont frôlés sur le trottoir, chacune allant dans une direction opposée. Je n’ai pas pu m’empêcher de retourner la tête. Elle s’était retournée elle-aussi. Nous nous sommes vues. J’étais un peu sur mes gardes, Je lui ai quand même souri. J’ai vu ses yeux s’adoucir. J’ai senti mon cœur se détendre.

En continuant mon chemin, j’ai pensé que nous sommes 7 milliards d’humains sur la planète. 7 milliards de personnes qui émettent des émotions, transmettent des états d’esprit et captent des énergies qui flottent autour de nous en permanence. Nous créons l’ambiance que nous respirons nuits et jours. Et cette ambiance est tout aussi invisible en apparence que l’oxygène que nous respirons et le C02 que nous expirons. Nous savons tous que l’oxygène est partout même si on ne la voit pas. Nous le savons parce que nous avons appris à l’école que sans oxygène notre corps meurt. Notre corps respire automatiquement, nous n’y pensons pas, c’est une mécanique spontanée. Est-il possible que nous transmettions et recevions des émotions, des états d’esprits et des sentiments spontanément ?

Nous savons que c’est le cas. Nous savons que le non-dit est parfois tout aussi puissant que des paroles. Nous reconnaissons les différents silences parce qu’ils sont chargés d’émotions et de sentiments spécifiques. Un silence d’enterrement n’est pas un silence de joie contenue. Un silence de défiance n’est pas un silence de recueillement.

Comment repérons-nous avec autant de facilité la haine, la violence, la honte, les remords, la colère, la tristesse, l’acrimonie, l’agressivité, l’amertume, l’animosité, l’antipathie, la cruauté, le dédain, la désobligeance, la dureté, la froideur, la condescendance, l’hostilité, la méchanceté ?

Il n’y a pas de réponse unique à une question aussi complexe mais je constate que nous sommes entraînés à les percevoir via les médias, la télé, les réseaux de divertissement, les journaux etc. Nous en avons pris l’habitude tout simplement. (…)  À la longue, nous sommes devenus méfiants vis-à-vis notre propre humanité. Nous avons perdu de vue notre humilité.  Nous cultivons la peur.  Elle reflète une crainte de découvrir en chacun de nous  une sensibilité et une vulnérabilité impopulaires.   L’altruisme, l’amabilité, l’amitié, la bienfaisance, le bon accueil, le bon vouloir, la bonne volonté, la bonté, la clémence, le cœur, la compréhension, la cordialité, le dévouement, la douceur, l’empathie, la générosité, la gentillesse, la grâce, l’honnêteté, l’humanité, l’indulgence, l’ouverture d’esprit, la prévenance, la sympathie ou la tolérance bâtissent de la compassion. Ces valeurs, ces petits gestes quotidiens métamorphosent justement l’ambiance que nous créons jours et nuits.

 

L’antidote de la méfiance est la compassion,

elle facilite un regard bienveillant vis-à-vis soi-même et envers les autres.

 

Bâtisseures de Bienveillance.

Osez jaser